Dire sur l’art



« Peinture Complice »


Cette nouvelle exposition proposée par le Théâtre de Privas, le Conseil Général  de l’Ardèche et l’IAC de Villeurbanne, choix de la collection Frac Rhône-Alpes qui a démarré sa politique d'acquisitions en 83 ,  s’ intitule  « Peinture complice ».

Elle fait suite à celle consacrée, à l’automne, à la question du « Corps dans l’art contemporain ». Cette précédente s’appuyait sur des supports  et  médiums d’expression très utisés sur la scène artistique contemporaine comme la photographie, la vidéo et le principe de l’installation.Les œuvres de cette première session   nous invitaient à rencontrer en priorité une attitude artistique, celle de la performance.


Avec « Peinture complice » nous nous retrouvons  aujourd’hui face à la Peinture…

Est – elle à penser comme  antithèse de la précédente ?

Cette sélection semble  plutôt conçue  comme un contre-point. Elle permet de  répondre à  une interrogation fréquente  devant  l’œuvre contemporaine et ses nouveaux supports ( vidéo, installation…) :

«  Eet la Peinture dans tout cela ! ? »


EElle s’annonce aussi et surtout comme désir de confronter un art à sa propre histoire.

Certains ont cru  devoir annoncer la mort de la peinture, comme si un processus d’évolution ne pouvait être que cumulatif et inscrit dans une  trajectoire linéaire menant à  l’asphyxie, à  l’imprévisible… Peur panique du néant.

C’était assurément  manquer de confiance et subir l’arbitraire d’une pensée déterministe univoque.

Cyclique, comme le flux et le reflux de la mer, cette remise en question  permanente  de la peinture est, en fait, restée  enchaînée à son  renouveau.

La peinture est  un bel exemple de  résistance …




Mais de quoi se rend- t- elle donc complice, la peinture d’ aujourd’hui ?

Maintenant que le temps a fait son œuvre en diversifiant les supports de l’image.

Et ainsi renforce encore le trouble d’une définition des espaces, ceux dévolus  à la  création  et ceux réservés à  la communication

Que nous propose t elle de nouveau la Peinture qui lui permette de rester dans la sphère dite de la modernité ?

Quel est ce débat qui l’attache parfois à la notion de post- modernité ?

Quels liens nouveaux établit elle avec la figure et son sujet ?

 certains ont cru  devoir annoncer sa mort. Comme si le processus d’évolution ne pouvait être que cumulatif et inscrit dans une  trajectoire linéaire menant à  l’asphyxie, à  l’imprévisible… Peur panique du néant .

C’était assurément  manquer de confiance et subir l’ arbitraire d’une pensée déterministe univoque.


Cyclique, comme le flux et le reflux de la mer, cette remise en question  permanente  de la peinture est restée  enchaînée à son  renouveau.

La peinture est  un bel exemple de  résistance …




Bien que n’ayant aucune  valeur rétrospective cette sélection propose une sorte d’ état des lieux de la  Peinture de ces trente dernières années .

Dans ce quelle persiste à maintenir comme degré de complicité avec la question du corps,  et particulièrement celui de  la figuration .

La sélection d’œuvres exposées offre un panorama riche et diversifié des tendances  et investigations plastiques liées à cette question :«  Figurer , pour quoi ? »

Les artistes  présentés,  qu’ils soient issus de la nouvelle figuration, la figuration narrative, la figuration libre, du pop art, du nouveau réalisme, la Bad Painting,  d’ailleurs ou nulle part … sont représentatifs du renouveau incessant de la peinture et la preuve de la vivacité pertinente, irréductible qu’occupe la  représentation de la figure du corps .




Cette exposition va nous permettre d’entrevoir  ce qui unit si  étroitement  la peinture à ses disciples que sont ;  la photographie, les mythes,  l’histoire, et aussi le  modèle encore et toujours….

Et d’évaluer ce qui reste de son pouvoir de questionner le réel, l’imaginaire, le symbolique.


La plus belle complicité  n’est elle pas finalement celle que la peinture établit avec le style ?

C’est à dire et pour reprendre Marcel Proust cité par Gilles Deleuze:

Cette capacité « D’inventer une langue étrangère dans une langue déjà existante » 


La peinture complice de notre regard :


Nous aurons  à tenir compte d’une autre nécessité : Notre état de vigilance de spectateur, comme « acteur du voir »..

Cette vigilante attention nous permettra peut être d’entrevoir le geste, le signe, aussi ténu  qu’il soit, d’une séduction enfouie dans les tréfonds de la toile,

Quelque chose de l’ordre de l’incarnation s’accroche toujours à la peinture.

Et cela  informera un peu, nous l’espérons, sur notre propre liberté à voir,  elle aussi irrépressible et  émancipatrice.


Tout cela,  pour notre plus grande joie commune .




Ce dossier conçu prioritairement pour les enseignants contient divers éléments d’aide à la  préparation de votre visite avec la classe .




Nous vous souhaitons une belle rencontre T

rèsB bonne visite ……..  Mireille Cluzet                                                                                                                 




Page 4Dossier pédagogique élaboré par Mireille Cluzet professeur animateur DAAC  Rectorat de Grenoble  24/02/2005